BOUGOUNI : le Maire de Dogo, Kalifa SIDIBE, « au banc des accusés » de neufs villages de sa commune.

BOUGOUNI : le Maire de Dogo, Kalifa SIDIBE, « au banc des accusés » de neufs villages de sa commune.

BOUGOUNI : le Maire de Dogo, Kalifa SIDIBE, « au banc des accusés » de neufs villages de sa commune.

Neufs chefs de village de la commune de Dogo ont le samedi 02 avril 2022, tenu une assemblée d’échange et d’information dans le village de Banan-Siramana. L’ordre du jour portait sur le différend leur opposant au village de Téguèla, lié à l’exploitation d’un orpaillage situé à Borombla, tous sous l’administration d’une même et seule commune. Les habitants de Téguèla, de surcroit « premiers exploitants du site » n’ayant pas apprécié selon les explications des sages, l’explosion du nombre d’exploitants du site se seraient, depuis le début du mois de janvier dernier, lancé dans des interpellations stériles à « caractère dissuasif » des habitants des villages restants.En marge de l’assemblée, les différents intervenants ont eu à « pointer du doigt » le Maire de la commune, Kalifa SIDIBE, qui selon eux, serait « l’unique responsable » de ce problème qui sévie la commune depuis longtemps. La cérémonie était présidée par le Chef de canton, Djontan NIAMBELE.

Le Samedi 02 avril dernier, les chefs de village de, Banan-Siramana, Manankorola, Tienra, Frassa, Bélèkan, Mamouroula, Tintala, Bourala et de Borombla, se sont réunis pour une assemblée générale dans le village de Banan-Siramana, sous l’égide du Chef de canton, au cours de laquelle des sages ont ouvertement accusé le maire de leur commune d’être « l’instigateur » du conflit leur opposant à Téguèla depuis un certain temps. « En ce dernier moment, notre quotidien est, d’une part, rythmé par les multiples interpellations de nos enfants, les altercations entre population civiles autour d’un orpaillage, d’autre part », s’est introduit le chef de canton, Djontan NIAMBELE avant de dire qu’ils ne savent plus à quel saint se vouer sachant bien que les « habitants de Téguèla agissent sous la protection du maire » . Nous portons tout le restant de notre espoir sur les dignitaires actuels du pays pour une issue favorable car nous ne souhaitons pas ajouté du trouble au trouble , le Mali en a assez, a-t-il plaidé. Est-il concevable qu’un village à lui seul continue pour de bon à dicter sa loi et d’imposer sa volonté à neufs autres villages beaucoup plus peuplés et grands s’il n’a pas un soutien de l’ombre, s’est-il interrogé, c’est parce que nous ne voulons pas de la violence.

Bandjougou NIAMABELE, enseignant à Banan-Kokoun nous a confié que c’est vers début janvier 2022 que la découverte du site a été faite par le grand public pendant que les habitants de Téguèla étaient déjà en train de l’exploiter. À l’en croire, c’est cette découverte à masse que les habitants de Téguèla n’auraient vraisemblablement pas apprécié et ont, pour de bon, décidé d’interdire son exploitation à tous, y compris eux-mêmes sans pourtant avancer une « raison valable et fondée ». Historiquement, l’espace sur lequel abrite le site appartiendrait au village de Borombla, selon les détails de Koroba NIAMBELE, conseillé au chef de village de Tienra. Selon toujours ses dires, le lieu aurait, par le passé, été prêté aux arrières grands parents des gens de Téguèla dès leur installation pour cultiver des vivres et dérivés, mais la récente découverte de l’or a engendré des divisions profondes au sein de la population allant jusqu’à mettre à mal des relations matrimoniales puisque selon Mr Niambele, les gens de Téguèla veulent s’approprier d’une terre qui ne les appartienne guère.

« Nous avons été interpellés et écroués en prison pendant plus d’un mois au tout début des travaux sur le site pour " trouble à l’ordre public, désobéissance à l’autorité publique et légitime " suite à une plainte des gens de Téguèla sous la bénédiction du maire », a indiqué Baba NIAMBELE. Monsieur NIAMBELE précisera que lui avec cinq autres personnes ont, plus tard, été jugés « non coupables ». Selon lui, la complicité du maire avec les gens de Téguèla ne ferait aucun doute. A-t-il tout de même regretté qu’ils soient, au quotidien, harcelés à cause de leur terre, blessés dans leurs âmes et dans leur dignité par des séries d’emprisonnement, avant de déplorer, que plusieurs chefs de village ont fait la navette entre Bougouni et leurs villages distinctifs pour la même cause (pas moins de trois fois) mais que la situation reste inchangeable.

Le dimanche 06 mars 2022, un incident majeur serait intervenu sur le site et aurait causé des dégâts importants à de nombreux orpailleurs. À l’origine de cet incident, Bandjougou NIAMBELE est intraitable là-dessus : « il s’agit d’une dame communément appelée Mariam NIAMABELE de Téguèla ». En compagnie de quelques poignets de personnes, en toute impunité, elle aurait fait le tour du site en renversant l’or des uns et en mettant du feu dans les puits d’autres orpailleurs. Selon un document fourni par les victimes, la situation des dégâts causés par Mme Koné Mariam NIAMBELE sur l’orpaillage s’élèverait à plus de neuf cent mille (900 000 FCFA) de nos francs. Il est légitime de préciser qu’au moment où nous mettions cet article sous l’égide de presse, une plainte serait en cours de germination contre lui au niveau de la Gendarmerie de Bougouni.

Le commun de mortels de ces chefs de villages-ci interrogés par la rédaction reste persuadé de la « responsabilité » du sieur Kalifa SIDIBE, Maire la commune.

Auprès de la mairie, nos demandes de leur version de fait sont restées lettres mortes.

Qu’Allah adoucisse les cœurs et les esprits !

Kémoko Diabaté

Le Coup, le 08 avril 2022