Les incendies sommaires dans les marchés : jusqu’où vont les enquêtes ?

Les incendies sommaires dans les marchés : jusqu’où vont les enquêtes ?

Les incendies sommaires dans les marchés : jusqu’où vont les enquêtes ?

Le marché et le feu sont deux ennemis irréconciliables comme le lait et le citron. Depuis plusieurs années, bon nombre de marchés font face à des incendies qui ne cessent d’endeuiller autant les commerçants. C’est la raison pour laquelle nous sommes allés à la rencontre d’un homme de terrain Bourama Maiga, President de l’ACODM (Association des Commerçants Détaillants du Mali) et celui de l’Association des Commerçants Voyageurs du Mali et de la Diaspora malienne (ACOVMADIA), vice-président du syndicat des Commerçants détaillants du Mali (SYNACODM), bref un homme charitable dans le milieu des commerçants .

Le Coup : Rappelez-nous les causes de ses incendies dans les marchés, plus précisément le grand marché de Bamako (Suguba) ?

Bourama Maiga : les causes de ces incendies sont multiples. le branchement hors norme des fils électriques du Marché Rose en est un bon exemple. Beaucoup de personnes n’ont pas de compteur et les fils qu’elles achètent pour s’approvisionner de l’électricité ne sont pas conformes. À ceci s’ajoute les vieux poteaux électriques qui datent depuis l’indépendance et qui peuvent déclarer l’incendie à tout moment de l’année, c’est une triste réalité. Il faut préciser aussi qu’il y a les vendeurs de café, les femmes qui préparent au marché (vendeuses), représentent un réel danger. Les gardiens aussi ne jouent pas pleinement leur partition car ils passent le plus clair de leur temps à dormir. Il y’a toutes sortes de personnes dans nos marchés qui sont prêtes à tout même si l’on ne sait pas réellement ce qu’est leur motivation.

Le Coup : avez-vous été voir les autorités du pays ?

B-M: nous avons été voir les autorités du pays à plusieurs reprises et nous avons eu à échanger. Après chaque incendie, elles viennent elles-mêmes faire état des dégâts, des structures étatiques telles que la chambre de commerce et la mairie font des recensements, la gendarmerie et la police font leurs examens mais sans aucune suite favorable. Au lieu de mener des campagnes de sensibilisation sur la suite de leurs enquêtes, ils les gardent dans les tiroirs. Nous avons eu à animer des conférences de presse et à organiser des meetings, la situation ne s’améliore toujours pas.

Le coup : quelles ont été les solutions idoines proposées par l’Etat ?

Bourama Maiga : au contraire c’est nous , qui avons proposés des solutions à nos dignitaires parmi lesquelles la multiplication des pompes d’eau et de gaz, pour pouvoir stopper tout cas d’incendie à la racine. Le plus regrettable est que le Marché Rose a été brulé dans le courant de l’année 2017, le 22 septembre de cette même année, le President sortant Ibrahim Boubacar Keita est venu posé la première pierre mais depuis lors les travaux n’ont pas dépassé le bout du nez, et pire ledit lieu fut incendié à plus de trois reprises. Le même statu quo.

Le coup : peut-on encore prévenir d’autres incendies dans l’avenir ?

B-M : si les autorités nous écoutent en tenant compte de nos critiques et suggestions.

Le Coup : quelle est l’impact de cette crise sur les rapports sociaux ?

B-M : vous savez ? La boutique d’un commerçant est le synonyme du champ d’un cultivateur d’où son incendie peut causer beaucoup de désagréments, de frustrations et de désespoir. Ça peut même motiver la conduite à l’aventure de certaines victimes, des aventures souvent triste et sombres.

Le Coup : quel appel avez-vous à lancer  ?

B-Maiga : nous lançons un vibrant appel aux autorités maliennes de s’appuyer fort sur ce fléau qui ne cesse d’endeuiller des familles de plus en plus, de lutter contre les mauvaises installations électriques et prendre plusieurs autres mesures idoines pour mettre frein à ce cauchemar pour nous les commerçants.

Propos recueillis par la rédaction du journal !