LES DEFIS DU NOUVEAU GOUVERNEMENT DE TRANSITION : UN LOURD CARCAN DE FER HERISSE DE PIQUANTS !
Choguel Kokalla Maiga entre le marteau et l'enclume ?
En effet, un militaire, quel qu'en soit sa formation académique, n'utilisera que son arme pour atteindre son objectif. Dans le Mali actuel, c’est bien ce qu'on assiste tristement dans les démarches des militaires auteurs de deux coups d’Etat en espace de neuf mois. Les neufs (9) premiers mois des dix-huit (18) mois de la transition écroulés. Cette énième coup d'état ne ferait que faire reculer le Grand Mali qui, fait face à de nombreux défis. Entre l’extrémisme violent, l’application textuelle de l’Accord de paix signé en Alger en 2015, les présentes sanctions de la communauté internationale, les laisser-allers et les laisser-faire, devenus la norme.
Malgré tout, les nouveaux dignitaires de la République sont en train de nourrir des espoirs au peuple . En guise de souvenance, le Mali a été l’un des pères fondateurs de la CEDEAO mais à jour suspendue par cette même organisation. À qui la faute ? Seuls les maliens ont une réponse à cette question.
Encore plus loin, certains partenaires étrangers ont mis à terme de façon temporaire leurs coopérations bilatérales à la suite des évènements du 24 mai dernier. Des faits qui n’honorent guère notre pays qui vit sous l’emprise extrémiste depuis 2012, sans oublier d'autres crises exogènes et endogènes.
À l’en croire, le très peu de temps de gestion des militaires n’a pas produit assez d’effets à la différence du régime déchu sortant. L’Accord de paix signé avec les Groupes Armés Terroristes à Farabougou prouve à suffisance que la dégradation de la situation sécuriaire est plus que préoccupante. Aussi, la montée de la grogne sociale à travers la grève du puissant central syndical l’UNTM en est une parfaite illustration.
Le si peu de temps de la grève a occasionné un tsunami économique et une hémorragie financière pour les ressources du pays. Tous les secteurs d’activités, primaires, secondaires et tertiaires, ont été touchés d’une manière ou d’une autre.
Nonobstant, le fameux mouvement de contestation au régime d’IBK à sa tête Choguel Kokalla Maiga a su accepter la primature. Pourront-ils réellement relever les défis ? En tout état de cause, l’apanage de l’âge, le rôle de l’intelligence et le privilège de l’expérience du PM Maiga ne devraient être réduits à néant.
Sauf que les crises multidimensionnelles que traverse la nation sont complexes et plus ténébreuses que les bas-fond des puits de Kidal. L’homme creuse des puits aujourd’hui pour étancher sa soif de demain. Les mêmes causes produisent les mêmes effets. Il n’est pas inutile de rappeler que les politiques ont utilisé autant de choses durant les deux quinquennats d’IBK dont l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger pour lui combattre. D’autres s’opposeront-ils aux prochaines initiatives du nouveau PM allant dans ce sens ? Le temps nous édifiera. Il ne serait non plus inutile de rappeler que la refondation du Mali dont on parle à longueur de temps s’avérera à peine dans le peu de temps qu’il reste à la transition.
L’homme fait face à un moment clé de l’histoire qui pourra soit briser ou laver approximativement son blason. À cet effet, il est difficile de faire un diagnostique sur le lendemain de cette réconciliation du Mouvement M-5 RFP à la junte, qui serait dans un cadre de conservation du pouvoir pour sauver leur peaux voire après la transition. Notons aussi que toute personne qui tenterait de poser obstacle à leur agenda pourrait se voir virer de côté comme l’ont été Bah N’DAW et son premier ministre Moctar OUANE.
Quel sort sera-t-il réservé aux 10 points de recommandations avancés par le M5 de Choguel pour une meilleure gouvernance dans lesquels nous avons la dissolution du CNT ? Et comme dans la politique « c’est l’art de mieux dire ce qu’on ne peut pas faire et de faire ce qu’on n’a pas dit », dit-on.
Le temps jugera.
Qu’Allah bénisse le Mali et les maliens !
A la prochaine !
Youssouf Mahammar Maiga
Le Coup, le 11 juin 2021