Mali transition phase 2 et les grognes sociales: le Mali tangue à nouveau ?

Mali transition phase 2 et les grognes sociales: le Mali tangue à nouveau ?

Mali transition phase 2 et les grognes sociales: le Mali tangue à nouveau ?

En effet, après la publication de la liste du Gouvernement de transition, phase 2, le 11 juin 2021, les promesses données par les nouvelles autorités sont énormes. Le temps presse et les attentes sont nombreuses. L’espoir de la rupture et de la refondation tant promis et réclamés toujours dans la douleur de son accouchement. Le peuple suit avec vigilance l’évolution après toutes les critiques sévères qu’on a portées au Président déchu de transition, Bah N’DAW et son chef du Gouvernement, Moctar OUANE.

Alors que la puissante centrale syndicale crie à une victoire éclatante, les syndicats des enseignants mettent en garde les nouveaux dignitaires de la République. Le Premier Ministre Choguel Kokalla MAIGA face à l’histoire. La formation du gouvernement de transition, phase 2, a été effective le 11 juin dernier.

Il n’est pas inutile de faire l’apanage qu’en dehors de la violation de la charte de la transition qui exige vingt cinq (25) ministres au plus, parmi les nouveaux entrants et certains reconduits, le commun des mortels maliens commence à perdre le peu d’espoir qui existait dont le ministre de l’Energie et de l’eau sous l’égide de Moctar Ouane, Seydou Lamine Traoré et l’ancien Procureur du pôle économique et financier, Mamadou Kassogué fraichement nommé à la justice, qui d’ailleurs avait été « désavoué » par la Cour Suprême lors de l’affaire dite de « déstabilisation des Institutions de la République ou de complot contre le gouvernement de transition ».

Les missions majeurs qu’ils se sont assignées sont à savoir « l’amélioration de la sécurité sur l’ensemble du territoire », « les réformes politiques et institutionnelles et la réduction du train de vie de l’Etat », « la mise en œuvre intelligente de l’Accord d’Alger » et « l’organisation des élections présidentielles prochaines ». Au regard du temps imparti, ils ne peuvent arriver à peine à satisfaire la plénitude de ces prérogatives puisque l’Accord d’Alger dont il est question, le Président Ibrahim Boubacar KEIT a épuisé quasiment cinq ans sans pouvoir l’appliquer textuellement.

Le souci est que cet accord est vu par bon nombre de maliens comme une convention divisionnaire. Et le Mali n’ayant pas le contrôle de presque deux tiers (2/3) de son térritoire et la dégradation de la situation sécuritaire qui se fait sentir un peu partout à travers le pays rendent encore une fois de plus sa mise en œuvre caduque.

À ceci s’ajoute de probables nouvelles crises scolaires qui planent à l’horizon. À noter que le gouvernement Dr Choguel Kokalla MAIGA a adopté un projet de loi le mercrédi 30 juin 2021 unification de la grille indiciaire comme le réclamait l’UNTM, qui selon le gouvernement, pour un apaisement du climat social.

Ladite décision concerne des militaires, des personnels relevant des statuts des fonctionnaires de l’Etat et des Collectivités territoriales et des statuts autonomes. La grille indiciaire du statut général quitte ainsi de 1200 à 1382, soit une augmentation de 15%. Les autres ont été ramenés au même niveau que les enseignants qui étaient à 1382 étant le fruit de leur article 39 que toute majoration faite chez les autres s’applique de plein droit chez les enseignants.

Le Gouvernement à travers cette ultime décision vient de déclencher un nouveau front aux syndicats de l’éducation. Puisqu’ils, les enseignants, devraient encore bénéficier cette augmentation comme stipule leur article 39. L’apaisement du climat social et la consolidation de la justice ne riment pas avec l'inégalité. Car dans les interventions du Gouvernement, il estime qu’il souhaite rétablir l’équité entre les employés de l’Etat et non l’égalité. Qu’est-ce L’EQUITE ? C’est comme quand on fait assoir un enfant et un adulte sur deux « chaises » de même taille mais les tailles des intéressés se discriminent. Et L’EGALITE, c’est lorsqu’ils, les deux intéressés sont sur deux chaises de tailles opposées mais ont eux-mêmes la même taille.

Pendant que l’Etat parlent d’équité entre les travailleurs, certains ont comme frais de missions soixante-quinze-mille (75000 FCFA) par jours, d’autres, plus particulièrement les enseignants ont deux-mille (2000 FCFA) de nos francs.

De ce fait, l’Etat doit aller vers une unification de prime. Tout doit être harmonisé.

La flambée du prix de certains besoins primaires et secondaires est tout un autre défi où dans le marché, le prix du Bidon de cinq (5) litres d’huile passe de 4.500 FCFA à 7.500 FCFA, celui du ciment de 90.000f à 120.000f, la tonne.

Choses qui ont permis la tenue d’un Sit-in contre la vie chère le 22 Juin dernier devant la Primature, en début de matinée. Le déclenchement d’éventuelles grèves de la part des enseignants pourrait causer un nouveau blocage dans la course de la transition.

Plus loin, on risquerait d’aller vers une troisième phase avec un nouveau remaniement ministériel avec ou sans le clan M-5 pour enfin négocier, reformer et proroger la transition. Parlant de la gouvernance d’exemplarité, si le Chef de l’Etat Assimi a aloyé les deux tiers de son « fonds de souveraineté » à certains problèmes sociaux, par contre, le PM Dr Choguel Kokalla MAIGA ne parle non seulement plus de leurs dix (10) points de recommandations mais aussi de la réduction du train de vie de l’Etat.

N’ayant pas une base solide au regard des frustrés conçus à la suite de la formation de son Gouvernement, il navigue dans un navire qui tangue. À tort ou à raison. Quand l’élite donne des «faux-espoirs » au peuple, le temps finit toujours par le rattraper.

Un adage africain dit : « si vous gagnez (acceptez) quelque chose à tête décapitée, une autre édentée vous mordra ».

Très prochainement !

Kémoko Diabaté

Le Coup, le 09 Juillet 2021