Crise Diplomatique Entre les palais de l’Élysée et de Koulouba : Paris poussé vers la sortie !

Crise Diplomatique Entre les palais de l’Élysée et de Koulouba : Paris poussé   vers la sortie !

Crise Diplomatique Entre les palais de l’Élysée et de Koulouba : Paris poussé vers la sortie !

La France se retrouve isoler pour l’heure et piégée, venue au Mali dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, les tensions diplomatiques ne cessent d’accroitre entre le Mali et l’ancienne puissance coloniale depuis un certain temps. Après l’exigence du retrait immédiat des forces spéciales danoises de la Force Takuba, les autorités maliennes ont expulsé en fin janvier, l’ambassadeur plénipotentiaire de la République française au Mali au grand étonnement des uns et satisfaction des autres . Depuis les évènements du 24 mai 2021, les tensions ont toujours été vives entre Paris et Bamako.

La France, pourtant, un des partenaires clés du Mali dans la lutte contre le terrorisme se retrouve de plus en plus piégée et isolée après le retrait de la Suède et du Danemark à la demande des dignitaires actuels du pays au moment même où elle assure la présidence de l’Union européenne. Au-delà des accusations médiatiques entre eux, les autorités françaises à travers le Président de la République Emmanuel Macron, ont ouvertement soutenu les sanctions de la CEDEAO et de l’UEMOA contre le Mali déjà en proie à l’instabilité sécuritaire. Et celles du Mali en guise de réponse à leurs multiples sorties déplacées ont exigés le retrait des forces spéciales danoises déployées au sein de la force Takuba, dans un communiqué. Une décision, pourtant bien fondée selon les autorités maliennes, elle a été qualifiée par le ministre de l’Europe et des affaires étrangères du Quai d’Orsay, Jean Yves Le Drian, « d’irresponsable » prise par une junte « illégitime ». Le chef de la diplomatie malienne Abdoulaye DIOP, dans son intervention sur la Radio France Internationale, a rappelé la souveraineté malienne et à soulever plusieurs autres points (fâcheux) entre le Mali et ses partenaires internationaux dont la France.

Les propos, qui selon les autorités françaises, désobligeants tenues à la tribune des Nations unies contre Paris par l’actuel Premier Ministre le Dr Choguel Kokala Maiga ; son accusation à l'endroit de la France de soutenir le terrorisme dans un entretien à Genève et d’intenter la division du pays à travers la Force Takuba qui signifie le sabre en français; la main cachée, selon le concept malien, de Paris derrière les sanctions de la CEDEAO ; la non tenue des élections à date prévue ; la demande de révision de l’Accord de défense militaire liant le Mali à l’ancienne puissance coloniale ; les discours antipolitique française de plus en plus consistants dans les débats publics ; la demande du retrait des forces spéciales danoises ; le recours des autorités du pays aux militaires russes, sont en autres, de nos jours, des points qui mettent en mal les relations entre ces deux pays.

Le 31 janvier dernier, le Gouvernement de la République du Mali a invité l’ambassadeur de France à quitter le territoire malien dans un délai de trois jours suite aux propos jugés inacceptables, tenus par le Ministre français des Affaires étrangères, M. Jean Yves Le Drian. Le Quai d’Orsay a pris note et tout de même décidé le rappel de son ambassadeur. Il n’est pas sans rappeler que depuis deux ans, il n y avait plus d’ambassadeur du Mali accrédité en France depuis l’expulsion de Toumani Djimé Diallo sous le régime d’IBK après son passage au SENAT.

Une crise bien gérée constitue toujours un nouveau départ. L’unique interrogation est de savoir quels seraient les objectifs à long terme et avec quels moyens politiques, économiques et diplomatiques mis en place par les autorités actuelles du pays, sachant que les relations entre les états, sont tissées de marchandages au gré des intérêts ? Ont-elles atteint le point du non-retour ? Jusqu’où ira cette crise et avec quel résultat ?

Aussi, lorsque l’on a le soutien de ses voisins directs, il serait plus facile de dire « non » dans l'antagonisme. Autrement, on s'exposerait à une décadence dont les conséquences perdureraient sur des générations. La prudence et la clairvoyance devraient être de mise là où est question du destin commun.

« Quand l'aveugle te menace de te lancer des pierres, c'est qu'il en a déjà en sa possession », dit-on. Osons croire que c’est le cas.

Kémoko Diabaté

Le Coup, le 11 février 2022