LES BELLES HISTOIRES D’AFRIQUE : Oudjeli-Makan, épisode 6

LES BELLES HISTOIRES D’AFRIQUE : Oudjeli-Makan, épisode 6

LES BELLES HISTOIRES D’AFRIQUE : Oudjeli-Makan, épisode 6

Son père ayant refusé de lui attribuer une appellation, il se fut appelé « Oudjeli-Makan », retenez-le bien, en lieu et place de « Kécouta ». Il devint ainsi l’homonyme de son grand-père maternel (Dieu rafraichisse sa couche). Pour éviter les provocations injurieuses de ses frères consanguins, sa mère Nan-Kolokan prit sa main et se dirigea vers sa case :

-Mère, il faut que je parte d’ici, dit Oudjeli-Makan, les yeux grand-ouverts vers le ciel.

-Mon fils, je n’en disconviens pas mais n’oublie surtout pas d’informer tes tantes : Wodya et Djénè.

-Pourtant, elles me haïssent ?...

-Fais-le. Elles sont les épouses de ton père. Elles sont aussi tes mamans tout comme je le suis, dit Nan-Kolokan avant de continuer, tu devrais reporter ton voyage pour demain. Rends-toi plutôt dans la brousse ce soir et apporte-les du fagot.

Koriko-duba (jargon malinké qui signifie la bénédiction des tantes). D’après la tradition, cette bénédiction ne tombe pas. Un enfant soumis et respectueux fut-il. Il se rendit en brousse et fit exactement tel que sa maman lui avait recommandé. Après leur avoir apporté deux importants tas de fagots, il leur rapprocha et leur confia son voyage :

-Mes chères tantes Djénè et Wodya, suite à votre permission, je souhaiterais partir pour un voyage demain, dit Oudjeli-Makan, genoux croisés au sol.

-Bon voyage, dit Djénè en lui regardant avec mépris.

-Bon voyage, reprit Wodya avec le même ton.

Pour ce voyage, sa mère n’avait que son petit tapis de prière à lui offrir. Le lendemain matin à l’aube, elle l’accompagna loin du village :

-Mon fils, si tu insistes de partir, je ne m’opposerai pas à ton choix, tu as toutes mes bénédictions. Je ne veux surtout pas qu’on sache que je suis au courant de ton voyage. Je n’ai rien à te donner en dehors de ce tapis de prière. Prends-le. Plus loin d’ici, de la terre de tes ancêtres, quand des circonstances difficiles se présenteront à toi, prie ton Seigneur, le Plus Haut, le Plus Grand Savant ; à la fin, n’oublie pas de dire mon nom…

A vendredi prochain !

Historien du Journal

Le Coup, le 11 février 2022