Demande de Pardon de Blaise Compaoré : réactions divergentes au Burkina ainsi qu’un peu partout en Afrique .

Demande de Pardon de Blaise Compaoré : réactions divergentes au Burkina ainsi qu’un peu partout en Afrique .

Demande de Pardon de Blaise Compaoré : réactions divergentes au Burkina ainsi qu’un peu partout en Afrique .

Dans une correspondance de l’ex Président du Faso, rendue public le 26 juillet 2022, adressée à l’actuel Président de la Transition burkinabé, Paul-Henri Sandaogo DAMIBA, Blaise Compaoré a formulé une demande de pardon au peuple burkinabé en général et à la famille de Feu Thomas Sankara en particulier.

L’avis des uns et des autres se discriminent concernant cette demande de pardon. Aussi, faudrait-il rappeler que les dignitaires africains dans leurs délires en majeur partie oublient si vite que dans ce monde, les hommes comme les objets sont tous éphémères. « Je demande pardon au peuple burkinabè pour tous les actes que j'ai pu commettre durant mon magistère, plus particulièrement à la famille de mon frère et ami, Thomas Isidore Noël Sankara », a précisé dans sa correspondance Blaise Compaoré, l’homme qui a dirigé le Burkina Faso d’une main de fer pendant 27 ans avant d’être forcé à s’exiler en Côte d’Ivoire à sa chute en 2014. « J'assume et déplore, du fond du cœur, toutes les souffrances et drames vécus par toutes les victimes durant mon mandat à la tête du pays et demande à leurs familles de m'accorder leur pardon », a-t-il ajouté avant de lancer un appel à l’union du commun des mortels de Burkina Faso pour reconstruire leur destin commun sur la terre de leurs ancêtres. 

Selon l’oncle paternel de Thomas , Noufou SANKARA, joint par les soins de nos confrères Savane FM de Burkina Faso dans le village natal de Thomas, le dossier au-delà d’être une affaire de justice, il reviendrait à sa grande famille réunie à Ouagadougou de livrer la version officielle en guise de réponse à la demande de pardon formulée par le sieur Compaoré. Selon un autre proche de la famille contactée depuis le village, « l’assassinat de SANKARA nous fait encore mal aujourd’hui mais si le peuple burkinabé accepte le pardon, on aura d’autre choix que de lui pardonner » . 

Si certains suggèrent à la famille SANKARA de s’entendre pour pardonner à son bourreau, d’autres mettent en doute de la sincérité de celui qui demande « le pardon ». Pour Ernest Ouédraogo, ancien maire de Téma-Bokin, ancien Ministre de l’Administration Territoriale et de la Sécurité, de 1983-87 sous l’ère Thomas Isidore Noel Sankara « il est recevable dans la mesure où ça vient effectivement de lui puisque selon lui, c’est humain ». Le sieur Ouédraogo regrette le fait qu’il ait passé trente-cinq (35) ans pour se prononcer là-dessus et n’aurait répondu à aucune convocation du Tribunal. 

Quant à l’épouse de Thomas, elle met en doute si la lettre vient réellement de Blaise en personne. « C’est à ma grande surprise que j’ai apprise, par la presse, que Blaise Compaoré a demandé pardon au peuple burkinabè et à la famille de son « ami et frère » Thomas Sankara. Sincèrement, je me demande si cette lettre vient de Blaise lui-même. Depuis 1987, il a eu l’occasion de demander pardon à maintes reprises. Mais il est resté impassible. Il aurait pu venir au procès reconnaître sa responsabilité et demander pardon mais il n’a rien fait. Lors de son dernier séjour à Ouagadougou, début juillet, il aurait pu s’adresser aux Burkinabè mais non, il n’a rien fait », a indiqué Mariam Sankara à Jeune Afrique.

Tout finit un matin ou un soir sous la poussière, par les vers de terre ou par se savoir. Pour l’être humain, il y a de quoi à être humble.

La rédaction

Le Coup, le 05 septembre 2022