Mali-Éducation : l’école malienne dans l’impasse !
Soucieuse de l’avenir des élèves et étudiants, l'Association des Elèves et Etudiants du Mali sous l’égide de son Secrétaire général, Siriman Seydou NIARE, a décrété une grève nationale de 120h qui a débuté le lundi 21 novembre 2022 et qui devrait se poursuivre jusqu’à ce vendredi 25 nombre. À noter que cette dernière a été précédée de deux autres grèves de 72h dans les écoles supérieures. La première datait du 10 au 12 novembre et la seconde du 14 au 16 novembre.
Cette grève nationale concerne plusieurs volets. Les raisons avancées sont entre autres, le non-respect de certains engagements pris par le Gouvernement lors des négociations suites aux préavis précédents( cadre de concertation, déguerpissement des ordures, éclairage, réhabilitation des amphis préfabriqués...); la situation du retard constant et accru du paiement des allocations financières dans une grande majorité des Institutions d'Enseignement supérieur (IES); la situation des infrastructures qui devront accueillir les étudiants supplémentaires (BAC 2022) dans les IES ; la situation de l'occupation illicite de l'espace universitaire; l'absence de connexion internet dans les IES et le manque d'une proposition concrète allant dans ce sens; les difficultés d'accès aux moyens de transport par la grande majorité des étudiants depuis la mise en place des politiques des cars de transport ; la situation des formations non habilité par le MESRS offertes dans les IES; la lenteur dans la sécurisation de l'espace universitaire toujours en proie à l'insécurité grandissante ; la lenteur de la décision permettant aux détenteurs de licence du système LMD de participer aux concours de la fonction publique ; la non intégration direct des élèves professeurs de l'ENSUP à la fonction publique des collectivités et le manque d'une proposition concrète allant dans ce sens; le nombre pléthorique des élèves dans les salles des classes des écoles fondamentales et celles du secondaire ; l'absence de programme de rehaussement du niveau des élèves présentant des résultats médiocres ; le renvoi abusif des élèves des écoles fondamentales et ceux du secondaire sans aucun programme de réorientation ; la situation de l'inadéquation entre le volume horaire attribué et le programme exécuté dans les écoles secondaires ; l'absence totale de travaux pratiques, d'une politique d'hygiène pérenne pour les toilettes des écoles fondamentales et secondaire ; la situation compliquée de nos camarades dans les écoles agro-pastorales, professionnelles en dehors de Bamako ; l'absence d'un planning de retour en classe de nos camarades dans les zones affectées par le conflit ( le Nord et le centre du pays); la non considération du point relatif à l'uniformisation des tenues dans les écoles fondamentales et privés ; la situation de manque de professeurs dans certaines écoles publiques en dehors de Bamako, ou les cours sont assurés par des stagiaires des IFM ; l'inaction totale des services d'inspection du ministère de l'éducation dans les écoles fondamentales et secondaire ; la situation des frais d'inscriptions élevés des étudiants du conservatoire des arts, métiers et multimédia ; la situation de déménagement de l'INA. La liste est longue.
C’est pour ces différentes raisons que les responsables de l’AEEM ont décidées en toute responsabilité de déclencher une grève nationale. Les responsables de l’AEEM ont également souligné leur opposition ferme quant à la reprise des bacheliers de 2022 dans les IES, si dans la pratique, aucune disposition n’est prise pour apporter des solutions quant aux infrastructures pouvant les accueillir pour des conditions d’études dignes de ce nom.
Il faut rappeler que les responsables de la puissante synergie des syndicats de l'éducation ont également déposé un préavis de grève de 72h allant du mercredi 14 au 16 décembre 2022 pour cause de la non application de l'article 39 de la loi n°2018-007 du 16 janvier 2018.
Il faut préciser une information majeure, l’AEEM a suspendu son mot d’ordre de grève de 120 heures, le mercredi 23 novembre en début de soirée, au niveau de l’enseignement fondamental (de la 1ère année à la 9ème année).
Siaka N'Faly Sidibé
Le Coup, le 25 novembre 2022