Les Belles Histoires d'Afrique : Saadi Damou, épisode 5

Les Belles Histoires d'Afrique : Saadi Damou, épisode 5

Les Belles Histoires d’Afrique : Saadi Damou, épisode 5

Après avoir donné sa première fille Sobi au python sacré, puis son second garçon Hénè, le pacte devrait être finalisé sur sa troisième Amina qui, alors, était l’une des rares belles femmes que le royaume n’avait jamais connues. Tendre, belle, douce, charmante et respectueuse, elle l’était. Aimée de toutes les classes d’âge à cause de son bon comportement. Elle était en odeur de sainteté avec tous. L’égoïsme, la haine, l’orgueil, la vanité, n’étaient point dans ses rapports quotidiens. Sa gentillesse avait atteint un tel niveau qu’elle ne pouvait plus chasser des troupeaux, des singes et/ou des oiseaux qui envahissaient le champ de son père. Quand elle triait des graines de riz, les oiseaux n’avaient aucune gêne de descendre pour avaler quelques-unes. 

Un jour, elle avait été chargée par sa mère de veiller sur des graines de maïs à sécher étalées au soleil. Tenant un bâton dans sa main, un oiseau descendait et remontait de plus belle face à une indifférence quasi totale d’Amina. C’était à ce moment que l’épouse de l’ami à son père, M’Binsin le trouva assise et l’assena une gifle au dos : 

-Amina, qu’est-ce qui t’emballe justement ? ...tu regardes l’oiseaux en train d’avaler les graines de maïs, dit Nadouba, furieuse. 

-Chère tante, enlever la main d’un nécessiteux dans ton plat et casser ses doigts, ça fait deux. Un oiseau qui n’est pas plus grand qu’un poignet de main, il ne le disperse guère, quand il aura fini de manger à sa faim, s’il n’a pas de sac au dos, j’espère qu’il ira de lui-même, répondit-elle.

Au petit soir, alors qu’elle tressait la tête d’une vielle dame au cheveu tout blanc, elle la demande :

-Grand-mère, qu’est ce qui rend les cheveux ainsi tout blanc. 

-Et à la vieille de répondre : très chère petite-fille adorée, s’il n’existait pas un pacte entre ton père et le python sacrée, toi tu allais vieillir plus que le mot vieillir. 

‘’L’enfance est une étape fatale

Que Dieu ne tue personne à la fleur d’âge 

La mort d’un cheveu noir est dur 

Elle marque les esprits 

 

Quand vous êtes une personne de bien 

Vous aurez beaucoup plus d’admirateurs

La gentillesse 

Est un lourd sacrifice’’, chant des griots de Karfalaya en hommage à Amina et ses frères. 

M’Binsin, l’ami d’enfance à son père en voulait à Amina. Ayant su que beaucoup de personnes étaient fans d’elle, il se promenait çà et là pour avertir les uns et les autres de ne pas s’interférer dans une telle affaire mystique et surtout quand vint le moment de la conclusion du pacte qui liait son ami d’enfance Karfala au python sacré. 

A vendredi prochain ! 

Historien du Journal

Le Coup, le 25 novembre 2022