Suspension de l’aide française destinées aux ONG : un boulevard ouvert au chômage technique !

Suspension de l’aide française destinées aux ONG : un boulevard ouvert au chômage technique !

Suspension de l’aide française destinées aux ONG : un boulevard ouvert au chômage technique ! 

 

La France a suspendu, le 16 novembre 2022, l’aide publique au développement au Mali en raison du rapprochement entre Koulouba et le Kremlin selon les Quai d’Orsay à l’exception du domaine humanitaire.

En mesure de réciprocité, Bamako a, à son tour, décidé l’interdiction des Organisations non gouvernementales sur financement français au Mali six jours plus tard. 

Les ONG françaises opérant au Mali 

Officiellement, plusieurs dizaines d’ONG françaises opèrent au Mali depuis des années et ont permis l’emploi de nombreux jeunes, parmi lesquelles : l’Observatoire européen du plurilinguisme, Vues d’Afrique, l’Association pour la Prévention de la Torture, Reporters sans Frontières, Amnesty International France, Fédération internationale de League des Droits de l’Homme, Fondation village monde.... Elles ont connu un essor flamboyant à la suite des évènements malheureux de 2012. Leurs domaines d’intervention concernent les infrastructures (la construction des hôpitaux, des routes, des écoles, des châteaux d’eau…), le développement humain, le développement rural et le secteur privé grâce à des prêts, des subventions et un accompagnement technique. En 2019, l’Agence française au développement aurait engagé 206 millions d'euros au Mali selon son site de recherche officiel.

Suspension d’aide : motifs avancés par Paris

Selon l’hexagone, face à l’attitude des autorités du pays qui se sont alliées avec la Russie , les conditions ne seraient plus réunies pour la poursuite de ses projets d’aide publique au développement au motif d’un risque de détournement des fonds y alloués tout en maintenant son aide d’urgence et leur action humanitaire.

Réactions des autorités maliennes

En début de semaine, les autorités maliennes ont indiqué dans un communiqué que les allégations de Paris, qui selon elles, fantaisistes seraient sans aucun fondement et considère cette annonce de la « junte française » comme un non évènement avant de souligner que cette déclaration ne serait qu'un subterfuge destiné à tromper et manipuler l'opinion publique nationale et internationale aux fins de déstabilisation et d'isolement du Mali. 

En application des principes de la Refondation qui sont, selon les dignitaires actuels de la République, le respect de la souveraineté du Mali, le respect de ses choix de partenaires et stratégiques, la prise en compte des intérêts vitaux du Peuple malien dans les décisions, le Gouvernement du Mali a rassuré que cette décision de la France prise depuis février 2022 ne susciterait aucun regret, d'autant plus qu'elle contribuerait à la restauration de la dignité bafouée du Mali, une aide utilisée comme « moyen de chantage des gouvernants » et d'autre part dans le « soutien » actif aux groupes terroristes opérant sur le territoire malien. 

C’est à la lumière de ces détails que les autorités de la transition ont décidé de suspendre toutes les activités menées par les ONG opérant au Mali sur financement, avec l'appui matériel ou technique de la France, y compris dans le domaine humanitaire.

Quel impact sur les rapports sociaux ?

Suspendre et interdire sont deux mots qui inquiètent moult personnes depuis la publication du récent communiqué du Gouvernement malien.

Si certains se félicitent de la prise de cette décision sans fournir autant d’arguments au-delà de la fibre patriotique, d’autres s’interrogent sur l’avenir des milliers de familles et de foyers qui vivent grâce à ces Organismes évoluant dans divers domaines.

Il n’est un secret pour personne de nos jours que le Mali est à la croisée des chemins.

Et plusieurs raisons expliquent la crise multidimensionnelle qui le secouent dont le chômage et l’extrême pauvreté. 

Un adage dit « un affamé n’a honte de rien, il ne voit que son ventre creux ». 

Kémoko Diabaté

Le Coup, le 25 novembre 2022