Affaire dite de « déstabilisation » : La chute du procès de l’histoire !
La belle journée s’annonce dès le zéphyr.
Le procès Ras Bath et Cie a pris fin, le lundi 19 avril 2021, suite au rejet du pourvoi inscrit par le Procureur Général près la Cour d’Appel de Bamako contre l’arrêt du 02 Mars 2021 de la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Bamako ayant annulé la procédure et ordonné la mise en liberté de tous les inculpés dans l’affaire dite de « déstabilisation de la transition et de complot contre le gouvernement », par la Cour Suprême du Mali. Ce qui a mis terme définitivement à cette affaire qui a fait couler beaucoup d’encre et qui n’avait que trop durée. Depuis le 21 décembre 2021, une toute autre histoire différente celle du 18 Août s’écrivait peu à peu au Mali.
En souvenance et comme un saignement de nez, des séries d’enlèvements ont été opérées à partir de la soirée du 21 décembre. C’est avec un grand étonnement qu’a appris les maliens la nouvelle de « tentative de déstabilisation de la transition ou de complot contre le Gouvernement » de la part des civiles. Les avocats de défense tout comme de simples citoyens, tous parlaient d’un procès « politique » depuis le début de ladite affaire. À travers l’histoire de l’humanité, les gouvernements démocratiques ou dictatoriaux ont toujours été renversés par la voie des armes, non plus par les « orchestres musicaux » comme l’a souligné l’un des avocats lors d’une sortie médiatique.
Il est légitime de préciser que les militants du Collectif pour le Développement de la République et alliés ont fait l’objet de plusieurs abus de la part des autorités. D’une part, elles voulaient couper-court à toute manifestation pour faire croire aux partenaires internationaux que le pays aurait regagné son souffle de vie après le départ du régime sortant, semblerait-il. D’où la répression de tous cas de soutien aux détenus, sans retenu. Il était arrivé un moment où porter un habillement sur lequel était inscrit le nom du journaliste RASBATH pourrait couter une garde-à-vue à l’intéressé. Ces menaces d’intimidation n’ont réduit en rien leur courage et leur foi à obtenir la libération de leur porte parole et co-accusés.
Aussi, face au maintien de cet équilibre de détermination, de résistance, de savoir-faire de manière vigilante , la judiciarisation de cette affaire a été obtenu. Les deux avocats généraux qui se sont succédés à savoir Mr Aliou NAMPE et Mr Mamadou Bandjougou DIAWARA près de la Cour d’Appel de Bamako ont tous les deux requis la nullité de la procédure mais aussi la demande de levée des mandats de dépôts des cinq civiles qui étaient écroués à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako.
Nonobstant, le Procureur Général, Arizo Maiga, s’est pourvu en cassation. Ce pourvoi formulé par le Procureur General à été rejeté ce lundi 19 avril 2021 par la chambre criminelle de la cour suprême du Mali . Une date qui est entrée dans l’histoire de la justice malienne prouvant son indépendance vis-à-vis de l’exécutif.
Les organisations de droits de l’homme nationale aussi bien qu’à l’échelle internationale, les politiques et les organisations de la société civile malienne, ont tous joué leur rôle pour que ce jour soit. La facétie a beau couru, elle ne va pas plus loin qu’une matinée de course de la vérité.Tout finit un matin ou un soir par les vers de terre ou sous la poussière et par se savoir. Il n’en est rien de faire souffrir ses semblables pour des raisons d’égos. Les Hommes comme les choses, les luxes comme les objets, sont tous éphémères. Les postes de responsabilité qu’on occupe les uns les autres, certains l’ont été avant nous, d’autres le sont au gout du jour et bien d’autres le seront après.
Qu’Allah bénisse le Mali !
Zoumana Diakité
Le Coup, le 23 avril 2021