INVESTITURE DU PRESIDENT DE TRANSITION : RETOUR A LA CASE DU DEPART !
LE MALI A-T-IL ENFIN EU SON EMMANUEL (en Hébreu LE SAUVEUR) ?
Le Président de Transition a prêté serment devant les magistrats de la Cour Suprême, le Lundi 05 Juin 2021, au Centre International de Conférence de Bamako (CICB).
C’est devant des conviés nationaux que le Vice-President de transition a prêté serment en tant que nouveau President de toutes les maliennes et de tous maliens. C’est suite à la démission de l’ex Président de la transition, Bah N’DAW, le lundi 24 mai 2021.
Sa prestation de serment tenu au CICB anime les débats, qui, pour certains ne sont que de jolis mots ne servant à rien et suscite pleins d’espoir pour d’autres, d’un Mali nouveau où plus rien ne sera plus comme avant. Le tout nouveau Président de la transition a dû, primo rendu un vibrant hommage à toutes les victimes civiles et militaires de cette guerre sauvage et barbare qui continue à endeuiller des familles dans notre pays et certains de la sous région, avant d’enjoindre aux maliens l’union sacrée en cette ère de son histoire pour qu’ensemble les défis puissent être relevés. Pour servir d’exemple, il s’est engagé d’annuler les deux-tiers du fond de souveraineté du Président, soit un montant d’un milliard huit cent millions annuel (1milliard 800millions) de nos francs pour faciliter l’accession à l’eau potable et aux soins primaires dans les zones difficiles du pays. Soucieux de la cohésion et de l’unité nationale dans un Mali qui convoque ses enfants à la paix et à la cohésion sociale, a-t-il indiqué qu’aucune couche encore moins aucun groupe ne sera mis à l’écart. À la suite de cette énième putsch qui a indigné plus d'un, notamment à l’échelle internationale, le Mali n’ayant pas subi de sanctions économiques, il a été reconnaissant aux partenaires étrangers pour leur solidarité et leur a rassurés d’honorer les engagements internationaux dans l’intérêt suprême de la nation. Le Président de Transition, le Col. Assimi Goita parachèvera en tenant comme promesse, la mise en œuvre des recommandations du Dialogue National Inclusif.
Dans certains points de son allocution, le Président ne semblerait pas mesurer le temps qui reste à la transition puisqu’elle, n’a presque pas pour missions, dans un pays confronté à des crises multidimensionnelles comme le notre, de parvenir à tous les besoins des populations mais de maintenir l’équilibre sécuritaire et d'organiser des élections libres, transparentes et incontestables au lieu de tirer des conclusions hâtives.
Autre information majeure, Ibrahima Khalil Touré, juriste de formation, a donné plus de précisions en ce qui concerne le Fonds de Souveraineté de la présidence : « Ce qui alimente les débats très souvent confondus avec le salaire du président de la République /transition serait les 150 millions de FCFA. Ce fonds de souveraineté ou communément appelé fonds de la <> a été un instrument d’instrumentalisation des masses par l’opposition sans levée le voile sur la différence avec le salaire mensuel du Président jusqu’à ce qu’elle (la question) s’est invitée au cœur des débats publics induisant d’avantages nombres de concitoyens dans l‘erreur totale ».
« Aujourd’hui la déclaration du Président de la transition Assimi Goita est une réponse constante à la demande populaire de réduire ce fond qui en survolant le Budget national du Mali n’est nommément cité nul part on pourrait juste faire allusion qu’une référence est faite à ce fond au niveau des (DIVERS) annoncés dans le budget de fonctionnement de la Présidence de la République du Mali. C’est donc un fond spécial échappant à tout contrôle classique à priori et à postériori. »
« La présidence engloutie un Budget assez salé dû à une augmentation du Président IBK et si dans notre pratique démocratique nous suivons une tradition née du colonisateur aujourd’hui avec le mécanisme de moralisation des dépenses publiques avec la gestion vertueuse des ressources publiques dans un contexte où la corruption gangrène ce pays. La réduction ou la suppression de ce fond à mon sens n’est pas une meilleure idée. »
« La meilleure des formules serait de penser à encadrer ce fond par des mécanismes de contrôle budgétaires a posteriori eu égard la délicatesse du rôle de ce fond qui est destinée à évacuer des problèmes d’urgences auxquels est confrontés le chef d’Etat. »
« Nous sommes un pays assez enclavé et frappé par une insécurité qui ne dit pas son non. Les problèmes peuvent varier et surgir sans prévenir quid des inondations, passant par la famine touchant des populations dans nos contrées lointaines, du retour et prise en charge des déplacés et réfugiés aux drames du type Ogossagou ou Sobanda. Qu’Allah nous en préserve ! »
« Pour faire face à ces difficultés, le President use naturellement de ce fond issu de la fameuse caisse noire pour soulager les populations sinistrées, en soi il a une importance capitale dans la gestion des affaires urgentes. Le seul bémol reste que le Président ne rend pas compte de l’utilisation de ce fond, la tentation de l’utiliser à des fins personnelles est existentielle. »
« Il nous appartient d’inscrire ce fond dans le Budget national avec un contrôle efficient et dont le rapport sera rendu public, cela sera un gage de confiance. S’il y a lieu d'un possible retour du reliquat du fond non utilisé par mois. »
« Maintenant, pour ce qui est de la réduction du train de vie de l’Etat et de l’administration il faut ajouter la valorisation de nos produits locaux via des commandes de meubles et autres accessoires bureautiques à nos artisans. Une loi spéciale serait la bienvenue dans ce sens pour protéger nos artisans. L’argent du contribuable est injecté dans du carburant, des 4x4 et v8 mis en réforme à de vile prix de 30 000.000 à 3.000.000 fcfa au plus il faut impérativement mettre fin à cette mafia ».
À ce stade, pourrait-on ainsi dire que le Mali a enfin trouvé son Emmanuel, qui signifie en Hébreu « Sauveur » à travers les cris de joie et l’explosion du nombre de soutien au Président de Transition ? Comme dit-on ‘’on ne juge pas un oiseau par le bruit qu’il fait avant de se poser’’. « Quelle que soit la durée de son vol, il finira par descendre sur terre » dixit Amadou Borobo KASSOGUE dans son ouvrage LA DEMOCRATIE A DOUMBOTEME. Seul le temps pourra mettre tout au clair, distingué le vrai du faux, le bien du mal. Certains savent bien parler et travailler et c’est bien le contraire chez d’autres.
En tout état de cause, le futur Gouvernement face à un peuple qui en a assez des discours et s’attend désormais à des actions concrètes venant de l'élite. Le temps est minime. Il n’a point d’arrêt. Les défis sont immenses. Les attentes sont nombreuses. Les récents événements qui ont bouleversé le pays ne seraient-ils pas des pains bénis pour eux, d’aller à la CEDEAO pour encore négocier et proroger la transition ?
À la prochaine !
Korotoumou Samaké, Stagiaire
Le Coup, le 11 juin 2021