RAS BATH : les difficultés vont de paire avec la vie de tout combattant de la liberté et de la bonne gouvernance.
Mohamed Youssouf Bathily connu sous le sobriquet de Ras Bath, porte-parole du CDR, a été interpellé par des éléments du commissariat du 5 ème arrondissement le jeudi 06 Mai 2021. Le lendemain vendredi 07 Mai, le Tribunal de la Commune IV après débat a placé le « guide » sous mandat de depot.
En effet, à travers l’histoire de l’humanité, tous les révolutionnaires, incompris dans leur époque, ont connu oes entraves. Depuis, il est incarcéré à la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako. C’est suite à une plainte conjointe de deux des syndicats de la magistrature auprès du tribunal de la Commune IV, pour « outrage à magistrat », qu’il a été interpelé dans la soirée du jeudi puis placé sous mandat de dépôt dans la matinée au lendemain vendredi. En guise de rappel, cette interpellation est intervenue alors qu’il venait juste d’être acquitté par la Cour Suprême du Mali dans l'affaire dite de « déstabilisation des Institutions de la République » où il avait passé environ quatre mois en prison. La joie était énorme pour ses fidèles militants et sympathisants en compagnie des auditeurs de sa célèbre émission radiophonique dénommée Grand-Dossiers, qui traite les thèmes d’actualité du pays. L’espoir renait une énième fois.
Cette nouvelle incarcération de Mohamed Youssouf Bathily du CDR a indigné plus d’un car demeure-t-il l’axe centrale de la démocratie malienne. Il n’est quasiment pas intéressé pour les postes politiques. Dès le début de sa vie publique, il a préféré être de côté pour contrôler, critiquer et pour proposer.
Le rôle de tout bon citoyen. Le Mali a plus besoin de Mohamed Youssouf Bathily pour ses analyses et propositions appropriées sur les questions d’actualité du pays. Le drame en Afrique est l’orgueil de l’élite politico-bureaucratique, qui n’aiment pas les critiques mais qu’on les louent. Nul ne détient la vérité absolue. Lorsque quelqu’un issu d’un camp qu’on considère contraire à nos convictions met une idée, elle doit être discutée, au lieu de continuer à narguer dans l’erreur. Mais pour la personnalité de celui qui commet une faute, il suppose que c’est honteux de renoncer à l’erreur qu’il commet pour suivre la vérité que propose un autre concitoyen. Rappelons que la perfection est divine et pas de ce monde. Les défauts sont des « réalités extérieures » accessibles à un seul individu : celui qui vous voit. Un dirigeant peut bien comprendre une situation mais il ne peut pas tout comprendre, peut trop comprendre mais ne peut être partout.
Plus loin, il peut avoir des frères ou des amis conseillers, qui peuvent ne pas se soucier de sa bonne ou mauvaise gestion des affaires publiques mais leurs intérêts propres à eux. Et comme le pouvoir, la richesse et la célébrité rendent d’une manière ou d’une autre aveugle, tous les coups sont permis pour faire taire ceux qui les critiquent. Or aucun homme, même pas un animal, n’est libre à l’Etat de nature. Quand le petit poussin s’écarte de sa maman ou que le pourceau ne fait pas bien, leurs mères les cognent. Au même titre que, dans la société d’humains, nul ne devrait alors se croire au dessus des jugements des autres en tant qu’être temporo-spatial. Elles rendent fort et permettent l’intéressé à se parfaire. Il faut rappeler que plusieurs personnalités ont tiré la sonnette d’alarme dont Me Cheick Omar KONARE qui a indiqué lors d’un passage sur Renouveau « qu’on ne peut pas être juge et partie à la fois », les prêcheurs Chouala Bayaya HAIDARA et Boubacar Yacoub DOUCOURE dans des vidéos publiées sur le réseau social Facebook et Mamadou Ismaël KONATE dans un post depuis son compte Tweeter. À la suite de quoi, les deux syndicats des magistrats, notamment SAM et SYLIMA sont sortis de leur silence à travers une conférence de presse tenue à la Cour Suprême du Mali au cours de laquelle, ils n’ont pas souhaité commenter les plaintes introduites contre RAS BATH, Me TAPO et Me Bathily en raison des échanges entamés par des personnalités.
L’homme qu’il est a inscrit son nom dans les archives du Mali que personne d’autre ne pourrait effacer. Il a préféré cette vie de contrôle citoyen, braver sa poitrine à la faim et à la soif dans l’intérêt d’un peuple à majorité analphabète.
Combattu et incompris, certes, pour ses prises de positions au goût du jour, mais demain ou après demain, les uns les autres reconnaitraient ce qu’il est ou fût pour le peuple malien à un moment de l’histoire. Il est légitime de préciser que les humains ne reconnaissent guère la valeur de leurs semblables qu’après coup.
Espérons qu’il puisse recouvrer sa liberté dans un bref délai afin qu’il puisse continuer à servir le peuple malien, sa nation toute entière.
Diabaté Kemoko
Le Coup, le 11 juin 2021