L’Accord d’Alger : quels remèdes pour ses tares ?
L’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger a été signé en 2015 étant comme l’une des conséquences de la visite de l’ancien premier ministre Moussa MARA à Kidal en 2014 qui s’est soldé par une altercation entre les forces armées maliennes et les groupes armés séparatistes. Ces évènements ont mis le Mali en une position de faiblesse tout au long du processus de négociations. Selon le concept malien, ledit accord est plus divisionnaire qu’unificateur. Tous crient au caractère divisionnaire de l’Accord mais peu proposent des solutions à ses insuffisances. Pendant que les politiques qui sont aux affaires font ses éloges, leurs opposants le combattent. La déclaration d'un conseiller au sein du CNT du non de Iklan AG Souleymane sur les choix « d’aller à la guerre ou d’aller vers l'accord » qu’a-t-il proposé à ceux qui estiment que cet Accord est celui de partition.
À l’en croire, c’est parce que les dignitaires du Mali à l’époque savaient que l’usage de la force n’était pas la seule façon de contraindre les individus , qu’ils sont allés vers la table de négociation. Le présent Accord est un engagement signé sous l’égide de la communauté internationale.
C’est peut-être ce qu’ignorent bon nombre de nos compatriotes qu’aucun traité international de toute l’histoire n’a été signé dans l’intérêt d’un pays du tiers monde. Ainsi, il ne peut être jeté comme un torchon sinon les coups seront insupportables pour le pays. Dans une guerre, nul ne sortira gagnant. Si les uns et les autres sont conscients que nous ne formons qu’une seule Nation, nous devons alors aller vers une application consensuelle de l’Accord avec nos frères signataires.Voir avec les groupes armés ce qui est applicable au goût du jour et remettre le reste dans les années qui viennent. Un processus lent mais sûr. On supplie une personne pour trois raisons : pour ses biens, s'il a raison dans une affaire et pour ses performances.
Tout ce qui arrive dans la vie d’un individu ou d’un groupement a ses raisons. La naissance du Mouvement M-5 RFP avait comme raison « la mauvaise gouvernance », celle de l’extrémisme violent « l’abandon de l’Etat », et pour les mouvements de rébellion successifs « la faillite de l'Etat centrale », les Accords de Tamanrasset et d’Alger sont « l’échec de l’option militaire ». Nous devons opter pour une décentralisation qui respecte l'intégrité territoriale du pays face à l’échec de l'État centrale. Un partage judicieux des tâches ainsi qu'une bonne responsabilisation des régions engendreront un climat favorable à l’émergence.
Quand on est pauvre, on ne se croit pas riche à l'idée. Le pauvre a tort. Le mieux pour les maliens est de mettre les idées en commun pour une porte de sortie glorieuse.
KD
Le Coup, le 30 juillet 2021