Application textuelle de l’Article 39 : Boubou CISSE culpabilisé, le CNSP acquitté, Choguel averti a reçu le jaune sans doute !
Le vendredi 16 Juillet 2021, le Président de transition, le Colonel Assimi GOITA en compagnie de son premier ministre Dr Choguel Kokalla MAIGA, ont pris le décret par ordonnance « fixant la grille indiciaire unifiée des personnels relevant des statuts des fonctionnaires de l’Etat, des Collectivités territoriales, des statuts autonomes et des militaires ». Alors que les enseignants tiennent à la non-abrogation de leur Article 39 d’autres clament son abrogation intelligente dans la mesure où l’article reste sans effet.
Il n’est pas sans rappeler que les autres catégories de fonctionnaires ont bénéficié et continuaient de bénéficier de ladite majoration, depuis janvier 2019, jusqu’à son application chez les enseignants à la suite des évènements du 18 Aout 2020. Son application a créée un écart d’indice entre les enseignants et les autres fonctionnaires du statut général. Chose qui a motivé les récentes grèves de la puissante centrale syndicale, l’UNTM. À la suite de quoi, une unification de la grille indiciaire a été optée par le Gouvernement, soit une augmentation de quinze pourcent (15 %). Le même effet devrait être produit chez les enseignants comme l’exige leur statut autonome en son article 39 de la loi N0 2018-007 du 16 Janvier 2018 qui stipule que « Toute majoration des rémunérations des fonctionnaires relevant du statut général des fonctionnaires s’applique de plein droit au personnel enseignant de l’enseignement fondamental, secondaire, de l’éducation préscolaire et spéciale». Tel est la pomme de discorde entre le Gouvernement et les syndicats signataires du 15 octobre 2016.
En souvenance, parmi les crises qui ont motivé le départ du régime défunt du Président Ibrahim Boubacar KEITA, y figurait l’application du fameux article 39 des intraitables enseignants. Dans son application, Boubou CISSE n’avait pas pu réussir là où son prédécesseur Soumeylou Boubeye MAIGA avait échoué. Il a, d’une part, su éviter un bras de fer avec la puissante centrale syndicale (UNTM) et a payé cher son franc parlé concernant l’annonce des difficultés liées à son application, d’autre part. Tout conflit y provient d’une incompréhension au niveau du verbe. Ainsi, des crises intempestives ont continué à secouer l’année scolaire 2018-19 mais aussi celle 2019-20.
Ces grèves successives ont été pour les politiques, des pains bénis, alors écartés du « plat » de redoubler la pression sur le Gouvernement Dr Boubou CISSE pour son application d’où l’une des raisons de la naissance du M-5 RFP. Selon les politiques contestataires au régime d’IBK dont l’actuel Premier Ministre Dr Choguel Kokalla MAIGA sifflaient tous dans la même trompète tout en dénonçant la mauvaise foi, le mépris du Gouvernement de ce jour à l’égard du monde scolaire des enfants issus de familles pauvres. Pour preuve, à la naissance du Mouvement M-5 RFP, l’imam Mahmoud Dicko, l’autorité morale du Mouvement à l’époque, avait fait une proposition de trêve aux syndicats des enseignants au nom du peuple auquel il se réclamait allait se porter garant pour obtenir son application.
Les évènements du 18 Août 2020 avaient certes trouvé que son application avait connu des avancées mais il est légitime de préciser que les militaires pouvaient engager des discussions franches et sincères avec les syndicats pour obtenir un consensus de trêve sur une période donnée au lieu de nourrir de faux espoirs. Le CNSP à travers son President , le Colonel Assimi GOITA, a signé le décret d’application de l’article, gonflant leur cote de popularité, jusqu’à la gréve illimitée déclenchée par l’UNTM en mois de mai. De ce fait, les uns et les autres auront-ils le courage de reconnaitre la sincérité de l’ancien PM Dr Boubou CISSE dans cette affaire ? Que dira l’imam Mahmoud Dicko, cet grand « ami de la démocratie, de la bonne gouvernance et de la scolarisation des enfants », de cette énième violation des droits des enseignants qu’il a, jadis, tant défendus ? Que fera le M-5 RFP avec les dix (10) points de recommandations pour la rectification de la transition ? Et les examens de fin d’année ?
Les enseignants en ont assez. L’Etat centrale est fragile. Les syndicats de la synergie de l’éducation ont déposé un préavis de grève de 288 heures, le vendredi 23 juillet 2021, sur la table du gouvernement, soit 12 jours répartis en lundi 09 au vendredi 27 Aout. L'argument de « l’équité » entre les travailleurs du pays brandit par les autorités pour justifier son refus d’application de l’article ne tient pas, pour les enseignants, le chemin. Les défis sont titanesques. Les promesses faites sont énormes. Les attentes du peuple sont nombreuses. Le temps presse. C’est toujours en discutant qu’on parvient sur un accord. Que le Gouvernement s’engage dans ce sens pour avoir un terrain d’entente avec les acteurs scolaires.
Le hic est que la même chose qui, a, à un moment donné, été refusé aux enseignants vient d’être accordée à l’ensemble des fonctionnaires du statut général. L’Etat pourra-t-il supporter le déficit budgétaire ? Si oui ? Pourquoi refuser cette nouvelle application de l’article 39 ? Et si non ? Quel avenir pour le Gouvernement Dr Choguel Kokalla MAIGA ?
Il faut préciser une information majeure, les examens de fin d’année de certaines écoles de formation professionnelles dont le CAP, ont débuté, le lundi 26 Juillet 2021 et suivaient leur bon train jusqu’au moment où on mettait cet article sous l’égide de presse, malgré le mot d’ordre de boycott demandé par la synergie de l’Education en vigueur.
Que Dieu bénisse le Mali !
Kémoko Diabaté Le Coup, le 30 juillet 2021