Les 100 Jours de la Transition au Mali : Qui dirige réellement le pouvoir ?

Les 100 Jours de la Transition au Mali : Qui dirige réellement le pouvoir ?

Les 100 Jours de la Transition au Mali : Qui dirige réellement le pouvoir ?

 

Le 10 Janvier dernier , la transition a eu 100 jours. Depuis le coup de force militaire du 18 Août 2020 qui a occasionné le renversement du régime d’Ibrahim Boubacar KEITA, les maliens sont restés dubitatifs sur l’avenir de ce pays qui convoque tous ses enfants à la paix et à l’unité nationale.

Alors, les nouveaux dignitaires de la République ont apaisé les cœurs et les esprits, dès les premières heures du putsch, de céder le pouvoir aux civiles et retourner dans les casernes pour leur mission de défense de la patrie. La Communauté Economique et Douanières des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a rejetée toute idée de transition militaire. Les pourparlers ainsi que la concertation nationale ont donné naissance à la désignation d’un ancien militaire à la retraite, Col. Major Bah N’DAW, à la présidence de l'Etat suivi d’un Vice-Président le Colonel Assimi GOITA, chef de la junte militaire. Comme prévu par la charte de la transition, ( le nombre ) dans la formation du Gouvernement a été respecté. Notons aussi que nombreux sont les militaires qui y figurent. Leur adhésion n’avait pas posé assez d’obstacles aux yeux de l’opinion car ce sont ceux-là les premières victimes de l’insécurité gravissante un peu partout à travers le pays. Depuis, plusieurs autres officiers ont été nommés à des postes stratégiques. On pourrait dire alors que l’on est passé d’une transition « civilo-militaire » comme promise à une transition quasi militaire. Qui pour défier les porteurs d’armes ? Cette question demeure la seule que se posent les maliens à travers des récentes « séries d’arrestations extrajudiciaires » et qui pourrait « compromettre » les acquis démocratiques de la constitution du 25 février 1992, écrite par le sang des martyrs. Lors d’une conférence de presse tenue le vendredi 08 janvier 2021 par le Collectif des Avocats des personnes accusées dans un « projet de déstabilisation de la transition» qui, sont toutes civiles, Me Abdourahamane TOURE, avocat de Sékou Traoré, le Secrétaire Général de la présidence, a fait des révélations fracassantes sur les conditions « d’enlèvement » et de « détentions » de son client , « ce qui reste surprenant dans cette situation est que la DGSE qui rend compte directement au Président de la République passe enlever le secrétaire général de la Présidence de la République , quelque temps après ce même Segal retourne dans le même arsenal institutionnel et accomplit sa mission... », Avait-il souligné lors de la dite conférence de presse . Ces dires dans le fonctionnement de la première institution de la république du Mali laisse le peuple sans dicton sur le « qui règne » réellement pendant ces 100 premiers jours de la transition ?

À ceci s’ajoute des insuffisances dans la communication gouvernementale qui se précisent lors d’un passage du PM Moctar OUANE sur une scène de télévision française, France 24 d’où il était moins précis selon beaucoup , dans la réponse des questions que posaient les journalistes. Dans ces cas pareils, il est plus que nécessaire que leurs sorties médiatiques ne soient transmises en directe car la parole est dangereuse et peut accoucher de sa mère, et surtout que l’image de toute une nation qui est en question.

La mission fondamentale des autorités de la transition est la tenue des élections crédibles et transparentes au cours des échéances électorales prochaines. Cette mission ne doit aucunement faire oublier aux uns et aux autres les défis qui restent à relever, car sa crédibilité et sa transparence s’effectuent comme tant souhaité que lorsque toutes les populations du sud comme le nord, d’Ouest en Est se sentent en parfaite sécurité. Entre élection et sécurité durant ces dix huit mois de la transition, ne devons-nous pas nous focaliser beaucoup plus sur la survie de la nation que sur les guerres politiques ? En tout état de cause, les maliens n’auront aucun intérêt à se faire déroutés de l’objectif essentiel qu’est celui de sauver un pays qui est en passe de disparaitre si l’on n’y prend garde.

Les difficultés vont de paire avec la vie. Dans des moments difficiles de toute nation comme celui que traverse la nôtre, la vigilance est de mise au risque de ne pas froisser ses amis en lieu et à la place de ses ennemis.

Qu’Allah bénisse le Mali et les maliens !

A bientôt !

Kemoko Diabaté

Le Coup, le 15 janvier 2021