Tentative d'assassinat du Président Colonel Assimi Goita et le décès de l’agresseur : quand le doute gagne les cœurs ! Jusqu’où iront les enquêtes ?
Un individu a tenté d’assassiner le Président de Transition, le Col. Assimi GOITA, le mardi 20 juillet 2021 après la prière, le jour de la fête de la Tabaski à la Grande Mosquée de Bamako. Sorti sain et sauf, ce coup dur à déplorer a été condamné à l’échelle nationale et internationale. De son côté, le Procureur du Tribunal de la Commune II (District de Bamako) a ouvert une enquête pour faire toute la lumière là-dessus. D’une part, ramenant une étude comparative avec les récents évènements qui ont secoué le pays dont l’affaire dite de « déstabilisation des Institutions de la République », moult de personnes doutent de la tangibilité de l’intention du présumé auteur d’assassinat, une déchéance morale pour toute une nation, d’autre part.
Cet incident malheureux a fait l’objet de plusieurs lectures. Pendant que des leaders d'opinion, d'associations ou politiques, condamnaient le coup et demandaient que lumière soit faite là-dessus, certains soutiens à la transition voyaient un « complot outré » contre le nouvel homme fort du pays, le Col. Assimi GOITA. Un dernier lot de personnes voyait une mise en scène de par la manière dont les actions se sont déroulées. Puisque , l’agresseur du Président, après avoir franchi le cordon de sécurité, a eu le temps de tenter de l’égorger c’est ce qu’on peut voir dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux.
Autre fait majeur, c'est le Président qui « s'est lui-même défendu » pour échapper à la mort, ce qui lui a coûté une blessure sur le doigt selon la première déclaration du PM Dr Choguel Kokalla MAIGA sur l’ORTM allant et en parfaite contradiction des images de l’agression et ce qu’avait souligné le Col. Assimi dans une interview. Au-delà de ses contradictions, personne n’a signalé à notre connaissance qu’il a vu l’arme blanche utilisée par l’agresseur dans la vidéo qui a fait le tour des plateformes digitales . Encore plus loin, sans qu’aucun limogeage n’ait suivi ces évènements depuis moins d’une semaine, le Gouvernement a annoncé le dimanche 25 Juillet 2021 le décès de l’agresseur au CHU de Point-G sans donner plus de détails sur son identité et a savamment pris l’initiative de faire une autopsie qui revient aux parents de la victime selon certains .
Quel lendemain pour la traçabilité de cette affaire d’atteinte à la sureté de l’Etat ? Or, selon un juriste « l'article 8 du code de procédure indique l’extinction de l’action publique lorsque l’accusé décède mais le facteur d'indice peut permettre de continuer l’enquête si toute fois ces pistes indiquent la possibilité qu'il y ait des co-auteurs/ commanditaires, l’action publique vise la personne de l’infracteur qui échappe à la peine et efface l’infraction commise mais les commanditaires / complices ou coauteurs ne bénéficient point de l'extinction de l’action publique ». La question que l’on se pose est la suivante : les personnes qui seront dans les jours prochains d’être complice de l’agresseur ne verront-elles pas cette affaire sous l’angle « politique » que justice comme l’a été l’affaire dite de « déstabilisation des Institutions de la République » ? Tous ceux-ci constituent des faits qui font douter beaucoup plus d’un. Plus particulièrement, sans aucun limogeage au niveau de la Sécurité de la présidence.
Nombreux sont ceux qui ont l’intime conviction que cette affaire fût une sorte de manipulation qui ne dit pas son nom. Tout porte à croire que cette récente affaire a humiliée le Mali a travers le monde puisqu’elle demeure un élément indicateur de l’état fragile du climat sécuritaire du pays.
Tout phénomène a une cause. Quelle est celle de cet incident ? le temps nous dira mieux.
Bakary Traoré
Le Coup, le 30 juillet 2021