Chômage au Mali : un phénomène inquiétant et galopant !

Chômage au Mali : un phénomène inquiétant et  galopant !

Chômage au Mali : un phénomène inquiétant et galopant !

Où est-ce qu'on en est avec la lutte contre ce phénomène ? Une question qui mérite d'être répondue.

Au Mali, on peut dire sans risque de se tromper que depuis des années, nous assistons à l'accroissement rapide du chômage à tel point qu'il est devenu un fléau pour la jeunesse et pour le pays. Le taux de chômage s'élevait à 7,8 % en 2016 et 7,9% en 2017 selon l’Institut National de la Statistique (INS). Ce qui dénote son accroissement au fur et à mesure des années.

Quant à l’Etat, il joue moins de rôles pour désamorcer cette triste réalité. Aucune politique idoine pour lutter contre ce danger qui fait l’actualité. Au contraire, il applique dans nos établissements une formation qui est de plus ou moins en déphasage avec le marché de l'emploi. Ce qui est en tout cas triste et aberrant. L’exemple typique est les écoles de formations professionnelles et les diplômes universitaires qu’on délivre aux étudiants de nos jours, notamment la Licence professionnelle, qui est le fruit du système LMD. Il existe à vrai dire un véritable manque de relation entre la formation et le marché d’emploi. Ceci se définit par le nombre galopant des fruits de ces systèmes qui font toujours du thé dans nos quartiers, villes et villages, de manière triste. Puisque les détenteurs de la Licence professionnelle ont moins de chance pour les différents concours d’entrée en fonction publique. Or, d’année en année, des milliers d’étudiants l’accrochent.

Le constat amer est qu’à chaque ouverture de campagne pour briguer la magistrature suprême, les politiques se pincent fort sur ce sujet puisqu’ils savent qu’une grande pompe de la jeunesse malienne vit sous la dictature du chômage qui occasionne quelque part leur misère. Il est en tout cas rare de voir une famille ou il n'y a pas de jeunes diplômés sans emploi. Mais les propos des politiques à la course présidentielle ne sont que de la supercherie juste pour se voir aux affaires.

Plus loin, au delà du manque de volonté politique, les Organisations Non Gouvernementales en compagnie des entreprises privées clament des fois qu'elles mènent un plan de lutte contre ce fléau, selon leur moyen. Et que c'est dans cette optique qu'elles lancent des avis de recrutements. Cependant, le profil d'expérience qu'elles réclament n’est pas conforme à leurs suppositions. Elles réclament le plus souvent des têtes avec une expérience professionnelle d'au moins trois (3) ou quatre (4) ans. Dans ce cas précis, l’offre d’emploi est plus ouverte à ceux qui sont dans la boite qu’à ceux qui n’y ont jamais été. Attendu que l’expérience est le fruit d’un ensemble des connaissances acquises au cours de l’exercice d’une fonction ou d’un métier sur une période donnée, à tort ou à raison. Il y est alors une forte incohérence entre ce qu’elles prétendent remédier et le profil d’homme que réclament-elles.

De nos jours, il est plus encore nécessaire que nos autorités se focalisent sur ce fléau qui ruine la jeunesse et traduit leur rêve en une fumée, des rêves qui s’évaporent dans la nature. L’immigration et l’instabilité sous diverses formes sont de mise là où s’y installent l’extrême pauvreté et le réseau chômage. Stopper l’immigration et autres à leurs racines dépend du taux minime des inactifs. Tel doit être la devise de tout pays soucieux de son avenir.

Youssouf Mahammar Maiga

Le Coup, le 02 avril 2021