RAS BATH derrière une targette : Quand les ténèbres s’efforcent à éteindre la lumière !

RAS BATH derrière une targette : Quand les ténèbres s’efforcent à éteindre la lumière !

RAS BATH derrière une targette : Quand les ténèbres s’efforcent à éteindre la lumière !

Le Consultant Juridique et Animateur Radio dans Son Etat Mohamed Yousouf Bathily, communément appelé RAS BATH, porte parole du mouvement très actif de la société civile malienne, le Collectif pour le Développement de la République CDR , a été enlevé à son domicile, le 21 Décembre 2020, par deux inconnus qui se sont présentés à lui comme les agents de la Sécurité d’Etat. La nouvelle sillonna tous les coins et recoins du Mali. Il est fortement rattaché aux valeurs républicaines et démocratiques du pays et à la préservation des acquis démocratiques.

En 2012, alors que le pays s’apprêtait à faire face aux défis multidimensionnels qui persistent jusqu’aujourd’hui, Mohamed Youssouf BATHILY membre à l’époque d’un mouvement dénommé « Les Sofa de la République », condamne le départ prématuré du regretté Président Amadou Toumani TOURE, au prix de sa vie. Il avait longtemps été traité de tous les « péchés d’Israël ». Plus tard, les maliens avaient commencé à regretter ATT qu’ils avaient boudé car les trois régions du nord du pays tombèrent dans les mains des forces du mal. Le partisan de la justice et de la bonne gouvernance, BATHILY continue ses chroniques radio et dévient encore beaucoup plus célèbre en 2016. Pour éviter tout putsch qui ne cesse d’assombrir le pays, il lance la campagne de « Ma Carte Nina, Mon Arme », à la veille des élections présidentielles 2018. Celle-là a permis de pousser le President sortant Ibrahim Boubacar KEITA au deuxième tour. L’organisation desdites élections a été décriée. Après des manifestations d’indignations face à cette triste réalité, le « Collectif pour le Développement de la République » dont il est porte-parole retourne dans la société civile pour ne pas faire du trouble au trouble et s’engage dans des combats juridiques qui n’ont malencontreusement pas abouti. Conscients que les procédures judiciaires ne pouvaient pas aller plus loin, il lance le mouvement « Galama » ou « La louche africaine » pour dénoncer le caractère creux des institutions de la République d’une manière pacifique.

En mois de juin 2020, la situation sociopolitique s’étant fortement dégradée. Le Premier Mouvement du 05 Juin est né, composé de plusieurs regroupements d’associations et de partis politiques, sans RAS BATH et son CDR pour des raisons de principe. Il prévient ses concitoyens contre les conséquences désastreuses qui pourraient découler d’un probable « coup d’Etat ». Les uns et les autres n’avaient pas prêté attention à ses prédictions. Ces mouvements de contestions ont tristement occasionnés des morts d’hommes, des blessés et fini par renverser le régime démocratique du Président Ibrahim Boubacar KEITA.

Le jeudi 31 décembre 2020, Mohamed Youssouf BATHILY allias RAS BATH a été placé sous mandat de dépôt par le quatrième cabinet du Tribunal de la Commune III du district de Bamako après avoir subit des « tortures à la Sécurité d’Etat » selon l’un de ses avocats lors d’une conférence de presse, vendredi 08 Janvier 2021, tenue par le Collectif des Avocats des présumés accusés, dans un « projet de déstabilisation » du régime en place selon le réquisitoire qui a fait le tour de la toile et des médias internationaux. Il lui est reproché une tentative de déstabilisation de la transition, et offense au Chef de l’Etat à travers ses émissions radiophoniques. C’est ce qui a été énergiquement condamné par les faitières de la presse car ce cas précis est un délit de presse. Selon la loi pour qu’il soit interpelé, il faut une plainte de la personne offensée.

Il faut aussi préciser que les militants du Collectif pour le Développement de la République ont successivement organisé deux conférences de presse à la Maison de la Presse de Bamako et déposé une demande de marche pacifique à la mairie de la Commune III qui a été refusée par le gouverneur du district de Bamako pour des raisons de lutte contre la pandémie à coronavirus. Si la judiciarisation de cette affaire a été appréciée par beaucoup, il n'est pas inutile de rappeler que les yeux se tournent désormais vers la justice malienne qui tranche la vérité au nom du peuple malien. Il ne serait non plus inutile de faire l’apanage qu’elle fait face à un moment clé de l’histoire. Les hommes comme les objets, les choses comme les luxes sont tous passagères mais les paroles et les actes des êtres humains demeurent éternelles.

Rasta de conviction , l’homme qui symbolise le « Lion » et incarne la bravoure en terme de mobilisation au sein de la société civile malienne, qui a longuement, lentement et surement su éveiller le commun des mortels maliens à s’intéresser à la vie de la nation, est désormais pensionnaire de la Maison Centrale d’Arrêt de Bamako depuis le 31 décembre 2020.

Trop de questions ?

Espérons un dénouement heureux !

À vendredi prochain !

Kemoko Diabaté

Le Coup, le 15 janvier 2021